Un escroc peut afficher le vrai numéro d’une banque et connaître des informations personnelles pour pousser sa victime à valider elle-même un paiement ou un virement.
Pourquoi cette fraude mérite une vigilance particulière
Le rapport 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, mis en ligne par la Banque de France le 9 septembre 2026, montre un déplacement du risque. Le montant total de la fraude aux moyens de paiement a augmenté de 3,8 % pour atteindre 1,241 milliard d’euros, alors même que le nombre d’opérations frauduleuses a reculé de 8 %.
Les fraudes dites « par manipulation » — faux conseiller bancaire, fraude au président ou substitution d’IBAN — ont représenté 516 millions d’euros. Elles dépassent 40 % du préjudice total et leur part a doublé en quatre ans. Le fraudeur ne cherche donc pas toujours à contourner une protection technique : il pousse la victime, sous pression, à fournir un code ou à confirmer elle-même l’opération.
Les signes qui doivent faire raccrocher
Le scénario commence souvent par un appel alarmant : une personne prétend appartenir au service antifraude, cite des données personnelles ou décrit de prétendus débits en cours. Le numéro affiché peut ressembler à celui de la banque, car il peut être usurpé. Le nom présenté à l’écran ne suffit donc pas à authentifier l’appelant.
Le ministère de l’Économie rappelle qu’un vrai conseiller ne demande jamais le mot de passe de l’espace bancaire, le code secret de la carte, un code reçu par SMS ni la validation d’une opération dans l’application pour soi-disant l’annuler. Une banque ne demande pas non plus d’envoyer de l’argent vers un « compte sécurisé » et ne mandate pas un coursier pour récupérer une carte.
- Raccrocher dès qu’un interlocuteur réclame un code ou une validation urgente.
- Ne pas rappeler le numéro affiché ni utiliser un lien reçu par SMS ou courriel.
- Contacter la banque depuis son application, son site officiel ou le numéro habituel inscrit sur ses documents.
Que faire immédiatement si vous avez suivi les instructions
Prévenez sans délai votre banque par un canal connu. Demandez le blocage des accès ou des opérations encore récupérables et faites opposition à la carte si ses données ont été exposées. Si le fraudeur a pu accéder à la banque en ligne, changez le mot de passe depuis un appareil de confiance ou demandez sa réinitialisation.
Relevez chaque paiement ou virement contesté et conservez les preuves : heure et numéro de l’appel, SMS, courriels, captures d’écran, coordonnées du bénéficiaire et récépissé d’opposition. Pour une utilisation frauduleuse de la carte alors que vous la possédez toujours, le signalement Perceval est accessible avec FranceConnect. Cybermalveillance.gouv.fr précise que ce signalement aide les enquêteurs mais ne remplace pas un dépôt de plainte auprès de la police, de la gendarmerie ou du procureur.
Les victimes peuvent aussi appeler Info Escroqueries au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30, ou France Victimes au 116 006, tous les jours de 9 h à 19 h. Ces services orientent les démarches ; ils ne remplacent ni la banque ni les forces de l’ordre.
Remboursement : distinguer l’opération non autorisée du paiement validé
Pour une opération frauduleuse par carte que le client n’a pas autorisée, Service Public indique que la banque doit en principe rembourser les sommes débitées et les frais d’incident immédiatement, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la contestation. Le délai de contestation est généralement de treize mois, ramené à soixante-dix jours lorsque le paiement a été effectué hors de l’Espace économique européen.
La situation peut être plus discutée lorsque la victime a communiqué un code ou validé elle-même un virement sous la pression du faux conseiller. Il faut malgré tout contester par écrit, joindre les preuves et demander une réponse motivée. En cas de refus persistant, le client peut saisir gratuitement le médiateur de sa banque, puis la justice si nécessaire. Le résultat dépend des faits précis : aucune fiche générale ne garantit le remboursement de toutes les fraudes par manipulation.
Sources consultées
Banque de France, ministère de l’Économie, Cybermalveillance.gouv.fr et Service Public
Rapport de l’Observatoire publié le 9 septembre 2026 et consignes officielles consultées le 12 septembre 2026.Une information à corriger ? Consultez la source ci-dessus puis contactez la rédaction.



