Le terminal méthanier de Dunkerque a déclaré un cas de force majeure lié à la grève dans l’énergie. Sa capacité de livraison est ramenée à 4 GWh par jour jusqu’à la fin de la journée gazière du 15 septembre.
Une capacité ramenée à 4 GWh par jour
Dunkerque LNG a publié mardi 15 septembre un avis de force majeure provoqué par une action de grève. Selon le tableau d’information officiel du terminal, la capacité de livraison est réduite à 4 gigawattheures par jour à partir de 09 h 00 CET — horaire reproduit tel qu’affiché par l’opérateur — et jusqu’à la fin de la journée gazière. Le niveau peut encore être ajusté afin de maintenir les conditions opérationnelles du site.
Le chiffre concerne la capacité que le terminal est en mesure de livrer au réseau, pas nécessairement le volume qui aurait effectivement été injecté en l’absence de grève. Il ne faut donc pas soustraire mécaniquement 4 GWh au plafond technique pour calculer une prétendue « perte » nationale. L’avis ne fait état ni d’un accident industriel, ni d’un dommage sur les installations, ni d’une interruption annoncée pour les consommateurs.
Pourquoi le terminal de Dunkerque est surveillé
Le site réceptionne du gaz naturel liquéfié par navire, le stocke puis le regazéifie avant son injection dans les réseaux. Sa fiche technique affiche une capacité maximale de livraison de 520 GWh par jour, ainsi qu’une capacité de transport pouvant atteindre 520 GWh/j vers la France et 250 GWh/j vers la Belgique. Les 4 GWh/j disponibles ce mardi représentent donc moins de 1 % de ce plafond technique.
Cette comparaison mesure l’ampleur de la restriction du terminal, mais pas celle d’une pénurie pour le pays. L’effet réel dépend des programmes de livraison prévus, des flux provenant des autres points d’entrée, du niveau des stockages et de la gestion des réseaux. À 13 h 10, aucune source officielle consultée n’annonçait de rationnement des ménages ni de mesure d’urgence pour les usagers. Il n’y a donc pas de précaution particulière à prendre, au-delà du suivi des avis officiels si la mobilisation devait durer.
Une mobilisation nationale autour du « tarif agent »
L’action à Dunkerque s’inscrit dans une grève plus large des industries électriques et gazières. Dans leur appel commun, la FNME-CGT, la CFE Énergies, la FCE-CFDT et FO Énergie et Mines présentent l’avantage en nature énergie, souvent appelé « tarif agent », comme un élément du contrat social de la branche. Elles contestent les recommandations visant à le supprimer ou à le réduire.
Le débat a été relancé par un rapport de la Cour des comptes publié en juillet sur la gestion des ressources humaines d’EDF SA. Reuters, qui s’appuie sur ce rapport, chiffre à plus de 700 millions d’euros en 2024 le manque à gagner pour EDF associé à l’avantage tarifaire et rappelle que la Cour recommande sa suppression progressive. Cette estimation et cette recommandation sont contestées par les syndicats, qui assimilent le dispositif à une composante de rémunération différée.
La production électrique a également été touchée pendant la nuit : Reuters a relevé une baisse totale de 6,5 gigawatts, principalement liée à des réductions sur sept réacteurs nucléaires, avec aussi plusieurs centaines de mégawatts dans le gaz et l’hydraulique. Ces baisses se sont achevées tôt mardi selon les données citées, mais le mouvement social devait se poursuivre dans la journée. Elles concernent la production d’électricité et ne doivent pas être confondues avec la limitation séparée des livraisons de gaz à Dunkerque.
Ce que cela peut changer pour les particuliers
Une restriction brève dans un terminal gazier peut tendre l’exploitation du réseau ou obliger les fournisseurs à mobiliser d’autres sources. Elle ne se traduit toutefois pas automatiquement par une coupure de gaz, une hausse immédiate de la facture ou un changement du tarif réglementé de l’électricité. Les prix de détail obéissent à des contrats, à des règles tarifaires et à des calendriers distincts des mouvements quotidiens des infrastructures.
Les indicateurs utiles seront la durée effective de la force majeure, une éventuelle prolongation après la journée gazière et la publication d’autres contraintes par les gestionnaires de réseau. En l’état, la bonne lecture est celle d’un incident social significatif pour l’exploitation du terminal, pas celle d’une alerte destinée aux foyers.
Sources consultées
Dunkerque LNG, intersyndicale de l’énergie, Cour des comptes et Reuters
Informations arrêtées le 15 septembre 2026 à 13 h 10, heure de Paris. La restriction est annoncée jusqu’à la fin de la journée gazière et peut être ajustée par l’opérateur pour préserver les conditions d’exploitation.Une information à corriger ? Consultez la source ci-dessus puis contactez la rédaction.



